Vous l’ignorez sans doute, mais vous êtes un actionnaire en puissance. L’état, avec l’argent du contribuable (le vôtre), détient des milliards d’euros du capital de grandes entreprises cotées en Bourse. En pleine crise, à quoi servent ces participations?

Pourquoi investir dans ces  entreprises ?

La présence écrasante de l ‘Etat dans le capital d’EDF s’explique par une volonté d’indépendance énergétique. Vendre ou acheter des actions  permet de peser sur la politique économique du pays. En 2008, l’État a favorisé la fusion entre GDF et Suez pour créer l’un des leaders mondiaux de l’énergie.

Il vient encore d’injecter 5 milliards d’euros, mais cette fois non cotés en Bourse, dans le rapprochement entre la Banque populaire et la Caisse d’épargne. La contrepartie : le nouveau groupe bancaire doit soutenir le crédit.

Quel pouvoir ces actions donnent-elles à I’Etat ?

En dessous de 30% de parts de l’entreprise, l’État ne maîtrise pas les décisions du conseil d’administration. Il n’a, par exemple, aucun moyen de peser sur la rémunération des dirigeants (et sur les éventuels bonus).

Pire, il peut être actionnaire d’une société qui délocalise ou supprime des emplois en France! C’est le cas de Renault, dont la production en France ne cesse de diminuer. La marge de manoeuvre est limitée, mais elle existe… Avec 15% du capital, l’État, premier actionnaire de Renault, a obtenu que les sites français soient pérennisés.

Il vient encore d’injecter 5 milliards d’euros, mais cette fois non cotés en Bourse, dans le rapprochement entre la Banque populaire et la Caisse d’épargne. La contrepartie : le nouveau groupe bancaire doit soutenir le crédit.

Est-ce que ça rapporte ?

En 2007, l’État a empoché 13,9 milliards d’euros. Comme un particulier, il vend ses actions et récolte des plus-values. Én 2007, les cessions de 5 % du capital de France Télécom et de 2,5% d’EDF ont rapporté 6,2 milliards d’euros. L’État touche aussi, chaque année, les dividendes versés par les entreprises dont elle est actionnaire. Mais dans l’actuel et chaotique contexte boursier, la valeur des titres détenus par l’Etat s’est effondrée. En moins de six mois, elle a perdu 41 milliards d’euros.

Où va I’argent ?

Les bénéfices sont affectés à un compte spécial, histoire de s’assurer que ce petit magot n’est pas dilapidé par les dépenses courantes du fonctionnement de l’Etat. Ces sommes servent principalement à rembourser les dettes de la France. A noter : en 2007, 5,1 milliards d’euros, provenant de la privatisation des sociétés d’autoroutes, ont été versés à la Sécurité sociale.

81 milliards d’euros placés en Bourse


EDF : 43,2 milliards dont 84,40% = part de I’Etat


GDF SUEZ : 19,5 milliards dont 35,6%  =  part de Etat


THALES : 1,5 milliard dont 27,10% = part de l’état


AIR France KLM : 333 millions 15,65% = part de l’État


Aéroports de Paris : 2,4 milliards  dont  60,38% = part de l’État


SAFRAN : 918 millions  dont 30,20% part de l’État


France Télécom : 11,7 milliards – 26,65% part de l’État


EADS : 1.2 milliard dont 15,08% = part de l’État


RENAULT 562 millions dont 15,01%= part de l’État


Source : Eric Mugneret



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